Découverte des cultures du monde à travers le voyage
Avez-vous déjà ressenti les bénéfices du voyage, des rencontres et du partage ? Ou bien l’inconfort et l’aspect déroutant de se frotter aux différences culturelles ?
Les voyages constituent une occasion unique de partager et d’apprendre les uns des autres. En rencontrant des personnes issues de différentes cultures, on découvre de nouvelles façons de penser et de voir le monde. Tout ça a eu un impact certain sur ma propre expérience de vie et a même façonné ma sensibilité et ma personnalité.
Ces voyages reflètent notre diversité et notre évolution. L’art, l’architecture, la cuisine, la musique, le sport, et même la langue n’ont-elles pas été influencées par cette diversité culturelle au fil des siècles ? Cela contribue à bâtir des ponts entre les différentes sociétés, favorise une meilleure compréhension mutuelle et permet aussi de prendre un certain recul sur des préjugés, stéréotypes ou idées préconçues souvent erronées sur les autres sociétés.
Voyager, c’est ressentir une sorte bien-être mental et émotionnel. Sortir de notre zone de confort, vivre des situations inattendues, s’adapter et faire face à de nouveaux défis, gérer son stress et surmonter les obstacles… En favorisant l’échange interculturel, je pense que nous favorisons notre bien-être psychologique et contribuons à un monde plus tolérant et empathique.
L’histoire de notre humanité nous prouve pourtant que la cohabitation culturelle n’a pas toujours été simple, bien au contraire. Racisme, ethnocentrisme, l’impact des colonisations, l’exploitation de l’homme considéré comme « être inférieur »… La diversité a d’abord été synonyme de frontières et de luttes terrifiantes, de conquêtes militaires, de génocides. La supériorité culturelle est encore un préjugé tenace !
Les civilisations n’ont-elles pas donc vocation à se rencontrer, à vivre ensemble, à dialoguer dans un monde apaisé ?
Un voyage m’a profondément marqué. Mon père, grand passionné de photos et d’aventures, m’embarque 10 jours direction le désert saharien du Tassili du Hoggar. Impatient, excité, intimidé… beaucoup d’adjectifs pour définir mon état avant d’entreprendre cette traversée du désert. Sur place, je prends une énorme claque ! Un décor qui nous transporte bien au-delà de nos attentes et de notre imaginaire, des sensations indescriptibles qui mettent en éveil tous nos sens. Un sable aussi beau qu’exigeant, nous offrant à chaque pas des tableaux aux motifs abstraits et aux lignes pures. Des palettes de couleurs chaudes incroyables, des routes infinies qui se fondent avec l’horizon, bordées d'acacias desséchés et de squelettes d'animaux. Des moments magiques appréciés très souvent dans un silence qui pourrait déranger, mais qui, bien au contraire, permet l’introspection, le recul, l’appréciation des choses simples, de revenir à l’essentiel. Des larmes ont souvent coulé face à cette sensation de plénitude, pris par l’émotion.
Je n’oublierais jamais les visages de ces Touaregs, marqués et dessinés au fil du temps par la chaleur du désert, des sourires beaux et sincères (malgré quelques dents en moins), ces chèches colorés qui s’enroulent et se fondent naturellement sur les rides de leur visage. Observer leurs mains et la dextérité avec laquelle ils nous servaient le thé, regarder avec fascination le chef cuistot qui, avec un seul feu, empilait les plats de légumes en contrôlant parfaitement les cuissons pour nous sortir un plat divin ! (Comme quoi, avec peu de moyens on peut faire de grande chose). J’ai été impressionné par la logistique et la vitesse avec laquelle ils montaient et démontaient un bivouac. Je me suis aussi marré avec eux à bord de leur 4x4 bidouillé, en train de zigzaguer à fond dans les dunes pour ne pas s'enliser… Tout ce qui ne ressemblait pas à mon quotidien venait titiller ma curiosité, ces moments de communion et de partage font partie de mes plus beaux souvenirs. J'ai découvert aussi que beaucoup d'entre eux ne voyaient que très rarement femmes et enfants, contraints de quitter leur pays d'origine pour trouver du travail ailleurs et subvenir aux besoins familiaux, à défaut de voir leurs enfants grandir.
Je n’ai malheureusement pas de créations réalisées autour de ce voyage (à part un carnet de croquis et quelques photos), j’étais jeune à l’époque et pas encore dans une démarche 100% créative, mais je pense un jour travailler autour des photos de mon père, car il savait comme personne shooter l’humain, saisir une émotion, un regard.
Je vais donc vous parler d’une œuvre qui évoque pour moi le voyage, l’Afrique et ce sentiment de liberté, il s’agit de « Gigi l’aviatrice ». Une toile en acrylique et pastel mettant en scène cette girafe rêveuse, planant en haute altitude la tête dans les nuages, certainement en train de penser à son prochain voyage pour s’enrichir et découvrir les richesses que nous offre le monde et la nature humaine.
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Avec le recul, je comprends que nous n’avons pas tous les mêmes attentes, la même volonté de fusionner, certains ayant besoin d’un cadre rassurant et familier pour se sentir bien. Cette girafe n’a pas vertu elle aussi à se mixer avec d’autres communautés d’animaux. Cet animal pourtant sociable peut rester autour de son groupe, parfois même en solitaire, mais peut aussi côtoyer rhinocéros, zèbres, buffles ou éléphants. La cohabitation est possible, mais nécessite un respect entre communautés, le respect de la vie et de la dignité de la nature humaine.
J’aime à penser que l’inattendu, la différence, la mixité sont des valeurs moteurs dans mon cheminement personnel. Les voyages et les rencontres, qui peuvent nous offrir tant de belles choses, ont façonné mon identité et impacté ma sensibilité artistique.