Démarche Artistique

L'oeuvre d'Alexandre Gastinel explore l'absurdité de la condition humaine à travers sa diversité.

Dans sa série de portraits, les regards sont intenses et les visages marqués par la vie. Ces personnages nous suivent du regard et nous guident sur le parcours sinueux de l'existence. Elle met en lumière l’humain dans toute sa diversité et nous propose une relation directe et frontale avec le sujet pour capter son identité profonde, comprendre ce qui le caractérise et le rend si unique, avec ses forces et ses faiblesses.

Pour l'artiste, l’homme est une curiosité aux multiples facettes, passionnant de complexité. Il est un animal indomptable qui peut aussi bien fédérer que diviser. Les chapeaux, vêtements et costumes sont traités ici de manière abstraite et d'un geste furtif pour laisser place à l'authenticité des sujets. Il s'agit de dépasser les stéréotypes des appartenances à un groupe qui poussent les individus vers l'absurdité du rejet et de la peur de l'autre.

Dans sa série animale, Alexandre Gastinel humanise et recontextualise ces espèces sauvages pour mettre l’homme face à ses incohérences. Le barbier, l'aviateur, le dompteur et le toroador prennent alors un visage animal. Par un jeu de miroir symbolique, ce procédé d’identification décrit la bestialité de l’homme et l’alternative entre dominer et fusionner. Elle est une représentation de notre volonté de déshumaniser certaines espèces au profit de traditions encrées, de dompter pour mieux dominer, nous positionnant comme supérieurs à la nature. Mais ici, l'animal vient comme un mentor projetant à notre conscience la réalité de notre place ici-bas.

Les paysages urbains imaginés par l’artiste, faits de collage et de photographie, nous montrent à la fois un patrimoine riche d’histoire et une mise en scène de la démesure de nos villes et de leur développement.
Monuments, grattes ciels, ponts, panneaux de signalisation détournés et graffitis, des métropoles lancées dans une extension sans limite, des villes étouffantes où l’ancien et le moderne peinent à cohabiter, des édifices toujours plus grands et plus hauts quand les espaces de vie se réduisent, où la nature ne trouve plus sa place. L’humain s’entasse dans une complexité urbaine en manque d’oxygène.

Dans un monde où la diversité devient source de conflits, où nos racines et différentes cultures se posent comme un frein au lien social, Alexandre Gastinel peint la société déraisonnable et absurde dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui.

L'homme de demain saura-t-il apprendre de la sagesse animale qui sommeille en lui ?

Alexandre Gastinel est connu pour ses portraits, ses animaux humanisés, ses paysages graphiques emprunts d'absurdité et de frénésie urbaine.

Son oeuvre explore les excès de l’homme dans sa quête de pouvoir, à travers une société fragile et divisée où la mixité sociale dérange.

Ses voyages et ses rencontres ont façonné son ouverture à la diversité et son intérêt pour l'homme, une curiosité aux multiples facettes, passionnant de complexité, déroutant de cruauté.

Ses peintures et montages graphiques illustrent à la fois cette diversité captivante et l'homme déraisonnable en quête de pouvoir. Des visages réalistes pour ressentir pleinement l'identité profonde de ses personnages, des animaux humanisés qui agissent comme le miroir de la bestialité de l'homme, des paysages graphiques démesurés et disproportionnés où l’homme construit sans limite dans une complexité urbaine en manque d’oxygène. 

L'artiste mixe les univers artistiques pour dépeindre la complexité de la nature humaine, comprendre cette recherche névrotique de pouvoir et cette peur de l'autre et ses différences, véritable frein d'une pensée collective.

Bio

Histoire d’Artiste

J’achète mes premiers tubes d’aquarelles et ces carnets de feuilles épaisses et texturées, qui impressionnent par leur beauté et cette intolérance aux coups de pinceaux mal dosés, à cette gestion intransigeante des effets de l’eau et des couleurs. Je prends comme premiers modèles les photos et portraits de mon père, la matière est riche et variée, j’attaque mes premiers grands formats et les résultats sont suffisamment encourageants pour que la mairie d’un petit village proche de Poitiers me propose de faire ma toute première expo dans leur salle des Fêtes, à l’aube de mes 18 ans. Quel bonheur ! Quel honneur ! Quel stress aussi de présenter ces travaux remplis de défauts et de bonnes volonté, je prends ça comme un signe d’encouragement pour poursuivre dans cette voie. Je prépare donc mes premiers encadrements, pas toujours solides, je termine en urgence quelques dessins inachevés pour réussir à combler les murs de cette grande salle, j’apprends avec enthousiasme et anxiété les nombreuses contraintes liées à l’installation. Cliquez ici pour accéder à l’histoire complète…